La septième édition du Festival Nangnerki bat actuellement son plein à Sikasso et se poursuivra jusqu’au 17 février 2026. Fidèle à son esprit de valorisation culturelle et de transmission, la cérémonie officielle d’ouverture, tenue le 12 février, a été marquée par un moment fort : un hommage solennel rendu aux grands maîtres du balafon de l’espace Mali–Burkina–Niger Côte d’Ivoire. Dans une atmosphère empreinte d’émotion et de reconnaissance, le représentant de la mairie urbaine de Sikasso a salué ces figures qui ont façonné l’histoire et l’âme de cet instrument mythique.
Dans une intervention brève mais dense, il a rappelé le sens profond du festival Nangnerki, un espace de mémoire, de transmission et de dialogue entre les cultures. Au cœur de cette vision se trouve le balafon, symbole d’identité et de continuité. Instrument ancestral, il résonne depuis des siècles dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest, notamment au Mali, en Côte d’Ivoire, au Burkina Faso, au Ghana et au Togo pour ne citer que ceux-ci. Par sa sonorité chaude et vibrante, il accompagne les cérémonies, les récits, les joies et les peines des communautés, devenant ainsi bien plus qu’un simple instrument : une voix collective, un héritage vivant.
Le représentant communal a souligné que le balafon doit sa renommée actuelle au talent et à la persévérance de nombreux virtuoses. Parmi eux, Neba Solo a été cité comme l’un des héritiers majeurs de cette tradition, un artiste qui a su porter le balafon sur les grandes scènes tout en restant fidèle à ses racines. À travers lui, c’est toute une génération qui redécouvre la richesse de cet instrument et la profondeur de la culture mandingue.
Mais l’hommage ne s’est pas limité aux figures contemporaines. Il a surtout été l’occasion de faire revivre la mémoire de pionniers parfois méconnus de la jeune génération, mais dont la contribution a été essentielle. Des noms comme Douga, Mory Diamouténé, Kela Papa, Zélé, Watara, Orodara Siriki, Sékou Diourté ou encore Lamissa Bengali ont été cités avec respect. Ces maîtres, chacun à leur manière, ont façonné l’évolution du balafon, enrichi son répertoire et transmis un savoir précieux. Leur héritage continue de vibrer dans chaque note jouée aujourd’hui.
La ville de Sikasso garde d’ailleurs une trace tangible de cette reconnaissance : une salle de spectacle porte le nom de Lamissa Bengali, rappel silencieux mais puissant de l’empreinte laissée par ce grand artisan du balafon. Ce symbole illustre la volonté locale de préserver la mémoire culturelle et d’honorer ceux qui ont ouvert la voie.
Pour les organisateurs du festival, cet hommage dépasse le simple devoir de mémoire. Il s’agit d’un acte fondateur, d’un rappel que la culture se construit sur les épaules de ceux qui l’ont portée avant nous. Sans ces devanciers, ont-ils insisté, le balafon ne serait sans doute pas devenu l’instrument emblématique qu’il est aujourd’hui, ni ce trait d’union entre les peuples et les générations.
À travers ce moment d’hommage, le Festival Nangnerki confirme sa vocation : célébrer la culture, transmettre l’histoire et renforcer les liens entre les communautés. Le balafon, dans toute sa noblesse, y apparaît comme un symbole d’unité et de continuité, une musique qui traverse le temps, rassemble les peuples et rappelle que l’identité culturelle est une richesse vivante, à préserver et à transmettre.
La rédaction



