L’ODEPA focus sur sa vision de développement de l’artisanat africain

La capital malienne, Bamako, a accueilli du 2 au 4 juillet 2026 la 12ᵉ Conférence des ministres de l’Organisation pour le Développement et la Promotion de l’Artisanat Africain, l’ODEPA. Pendant trois jours, ministres, experts et représentants des 28 pays membres de cette organisation se sont réunis au Centre international de conférences de Bamako pour réfléchir à l’avenir de l’artisanat africain, un secteur qui représente près de 20 % du PIB dans plusieurs économies africaines et fait vivre des dizaines de millions de personnes à travers le continent.

La cérémonie de clôture, présidée par le ministre malien de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Mamou DAFFÉ, a marqué la fin d’intenses travaux consacrés aux réformes institutionnelles de l’organisation, au renforcement de sa gouvernance et au repositionnement durable de l’artisanat dans les politiques publiques de développement.

L’une des principales décisions de cette conférence est l’élection du Mali à la présidence en exercice de l’ODEPA pour le mandat 2026-2027. Une marque de confiance accordée à Mamou DAFFÉ, qui a présenté une feuille de route articulée autour de cinq priorités : l’intégration de l’artisanat dans les politiques publiques, la formation et la transition numérique, l’accès au financement, l’amélioration de la qualité des produits et le renforcement de la coopération entre les États membres.

Les ministres ont également validé une nouvelle organisation des coordinations régionales afin de renforcer la proximité avec les acteurs du secteur. Le Maroc accueillera la prochaine conférence ministérielle, tandis que le bureau exécutif est désormais composé du Maroc comme premier vice-président, du Niger comme deuxième vice-président et de Madagascar comme troisième vice-président.

Mais pour comprendre les enjeux actuels, il faut revenir sur l’histoire de cette organisation. Tout commence en 1990, lors de la deuxième édition du Salon International de l’Artisanat de Ouagadougou, plus connu sous le nom de SIAO. À cette occasion, les participants constatent que l’artisanat constitue un secteur économique majeur en Afrique, tout en étant un puissant vecteur de transmission des savoir-faire et des identités culturelles.

Les échanges mettent cependant en évidence de nombreux défis : un manque de formation des artisans, une faible demande intérieure, la concurrence des produits industriels importés, des difficultés d’accès aux marchés, ainsi qu’une gouvernance institutionnelle souvent fragmentée.

Face à ces constats, les États africains décident de s’unir. C’est ainsi qu’en octobre 1992 naît le Comité de Coordination pour le Développement et la Promotion de l’Artisanat Africain (CODEPA) dont le siège est basé à Ouagadougou.

Après plus de trente années d’existence, une nouvelle étape est franchie le 12 août 2024, lors de la 11ᵉ Conférence des ministres tenue à Brazzaville. Le CODEPA devient officiellement l’Organisation pour le Développement et la Promotion de l’Artisanat Africain, l’ODEPA, traduisant une volonté d’élargir son rôle et de renforcer son action sur l’ensemble du continent.

Aujourd’hui, l’ODEPA rassemble 28 États membres autour d’une même vision : promouvoir un développement harmonieux de l’artisanat africain afin d’accroître sa contribution au développement économique des pays membres.

Sa mission est claire : créer un espace de solidarité, de coopération et de complémentarité entre les États afin de relever ensemble les défis de la mondialisation. Car face à la concurrence internationale, aucun pays ne peut agir seul. Une stratégie commune est devenue indispensable pour améliorer la compétitivité des artisans africains, faciliter leur accès aux marchés internationaux et valoriser des savoir-faire qui constituent un patrimoine unique.

Les axes stratégiques de l’organisation reposent sur quatre grands piliers : renforcer l’unité panafricaine autour du secteur artisanal, développer la solidarité entre les États membres, faciliter l’intégration des produits artisanaux africains dans le commerce mondial et promouvoir un artisanat durable, respectueux des cultures locales et de l’environnement.

La rédaction

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