La capitale malienne a servi de cadre, ce samedi 4 juillet 2026, à l’ouverture officielle de la 12ᵉ Conférence des ministres de l’Organisation pour le Développement et la Promotion de l’Artisanat Africain (ODEPA). Organisée dans la Salle des banquets du Centre international de conférences de Bamako (CICB), cette rencontre de haut niveau est consacrée à la réflexion sur les stratégies à mettre en œuvre pour faire de l’artisanat un levier majeur de développement économique et social dans les pays membres de l’organisation.
Cette 12ᵉ Conférence est placée sous le thème : « Quelles stratégies pour un repositionnement du secteur de l’artisanat dans les priorités de développement des pays membres de l’ODEPA ? ». Une thématique qui traduit la volonté des États membres de renforcer la contribution de l’artisanat aux économies africaines dans un contexte marqué par les défis de l’emploi, de l’industrialisation et de la préservation des savoir-faire traditionnels.
Les travaux réunissent les ministres en charge de l’Artisanat du Congo, du Bénin, de la Libye, de Madagascar, du Burkina Faso, du Niger, de la Mauritanie et de la République centrafricaine. Des délégations de la Côte d’Ivoire, de la Guinée et du Royaume du Maroc prennent également part aux échanges, témoignant de l’intérêt croissant suscité par les questions liées au développement du secteur artisanal sur le continent.
Créée en 1992 au Burkina Faso, l’Organisation pour le Développement et la Promotion de l’Artisanat Africain s’est progressivement imposée comme un cadre de concertation et de coopération entre les États africains pour la promotion de l’artisanat. L’organisation a connu une importante réforme institutionnelle en 2023, entérinée lors de la 11ᵉ Conférence des ministres organisée à Brazzaville en 2024. Cette restructuration a permis de renforcer son fonctionnement à travers quatre coordinations régionales : la Mauritanie pour l’Afrique du Nord, le Tchad pour l’Afrique centrale, le Niger pour l’Afrique de l’Ouest et le Zimbabwe pour l’Afrique orientale. Le Secrétariat général assure la coordination des activités ainsi que le suivi de la mise en œuvre des décisions adoptées par les instances de l’organisation.
Dans son allocution d’ouverture, le Premier ministre Abdoulaye MAÏGA a insisté sur la nécessité pour les États membres d’accorder une place plus importante à l’artisanat dans leurs politiques publiques. Selon lui, le thème retenu pour cette conférence constitue une invitation à repenser les stratégies nationales afin de reconnaître pleinement le rôle de l’artisanat comme vecteur de création de richesses, de promotion de l’emploi durable, de réduction de la pauvreté et de valorisation des identités culturelles africaines.
Le Chef du Gouvernement a également exprimé le vœu que les travaux débouchent sur des recommandations concrètes et ambitieuses, susceptibles d’améliorer les conditions d’exercice des artisans, de favoriser leur accès aux marchés et aux financements, tout en renforçant leur contribution au développement économique des pays membres.
Prenant la parole à son tour, la présidente en exercice de l’ODEPA, Mme Irène Marie-Cécile MBOUKOU-KIMBATSA, a dressé un bilan des actions menées sous la présidence congolaise. Tout en saluant les progrès enregistrés, elle a rappelé que de nombreux défis restent à relever pour permettre au secteur artisanal d’occuper pleinement la place qui lui revient dans les politiques nationales de développement. Elle a également exprimé sa disponibilité à accompagner la présidence malienne de l’organisation dans la mise en œuvre des décisions qui seront issues de cette 12ᵉ Conférence.
À travers cette rencontre ministérielle, Bamako devient, le temps des travaux, le carrefour des réflexions sur l’avenir de l’artisanat africain. Les conclusions attendues devraient contribuer à définir une nouvelle feuille de route en faveur d’un secteur considéré comme un puissant moteur de croissance inclusive, de création d’emplois et de préservation du patrimoine culturel africain.
La rédaction



