Avec l’appui de l’Ambassade d’Espagne au Mali et de l’AECID, Afrikultur Association met en œuvre un vaste programme de formation aux instruments traditionnels maliens. Après la réussite de l’atelier dédié à la kora, la phase consacrée au bolon a démarré ce 1er juin 2026 à Bamako. L’initiative vise à renforcer la transmission des savoirs musicaux traditionnels auprès des jeunes et à promouvoir une plus grande participation des femmes dans cet univers culturel.
La sauvegarde du patrimoine musical malien passe aussi par la formation des jeunes générations. C’est dans cette perspective qu’Afrikultur Association déploie un programme d’ateliers pratiques dédiés aux instruments traditionnels du Mali, avec le soutien de l’Ambassade d’Espagne au Mali, à travers l’Agence Espagnole de Coopération Internationale pour le Développement (AECID).
Le projet ambitionne de former 28 jeunes, âgés de 18 à 35 ans, à la pratique de quatre instruments emblématiques du patrimoine musical national : la kora, le bolon, le sokou et la calebasse. Au-delà de l’apprentissage technique, l’initiative entend favoriser la transmission intergénérationnelle des savoirs, encourager l’inclusion des jeunes filles et contribuer à la professionnalisation des pratiques artistiques.

La première étape du programme, consacrée à la kora, s’est achevée avec succès au Conservatoire des Arts et Métiers Multimédia Balla Fasséké Kouyaté de Bamako en mars dernier. Durant des jours, les participants ont été initiés à l’histoire de cet instrument mythique des sociétés mandingues, à ses techniques fondamentales ainsi qu’aux exercices de création collective. Cette phase a également permis des échanges enrichissants entre les apprenants et les maîtres musiciens, dans un esprit de transmission et de valorisation du patrimoine culturel.
Depuis ce 1er juin 2026, une nouvelle phase du projet est en cours avec l’atelier dédié au bolon. Organisée dans le même cadre à Bamako, cette session se poursuivra jusqu’au 3 juin. Sous la conduite de l’artiste-formateur Habib Sangaré, connu sous le nom de Dja Bolon, les participants découvrent les origines, la symbolique et les techniques de jeu de cet instrument ancestral qui occupe une place importante dans l’histoire musicale mandingue.
Le programme prévoit des exercices rythmiques, des travaux de coordination entre la voix et l’instrument ainsi que la préparation d’une performance collective qui sera présentée lors de la restitution finale. À travers cette démarche, les organisateurs souhaitent sensibiliser le public à la nécessité de préserver le bolon, dont la pratique demeure aujourd’hui relativement limitée.

Après Bamako, le projet se poursuivra à Ségou avec deux autres ateliers consacrés au sokou et à la calebasse. Ces formations seront accueillies au Mieruba Art Center et permettront à d’autres jeunes de découvrir des instruments profondément enracinés dans les traditions musicales et orales du Mali.
Selon le président d’Afrikultur Association, Harouna Sacko, cette initiative répond à un enjeu majeur : celui de la préservation d’un patrimoine musical exceptionnel confronté à plusieurs défis, notamment la raréfaction des maîtres musiciens, l’insuffisance de cadres de formation structurés et la faible implication des jeunes dans certaines pratiques artistiques traditionnelles.
En associant formation, création collective et restitution publique, le programme entend faire de la culture un véritable levier de développement, d’inclusion sociale et d’autonomisation des jeunes. À travers ces ateliers, Afrikultur Association réaffirme son engagement en faveur de la transmission des savoirs et de la valorisation des richesses culturelles maliennes auprès des générations futures.
La rédaction



