Administrateur des Arts et de la Culture, Directeur national adjoint de l’Action culturelle, écrivain et chercheur, Madou Diakité s’est construit un parcours à la croisée de l’action publique, de la sauvegarde du patrimoine et de la création littéraire. Fort de près de deux décennies d’expérience professionnelle, il fait de la culture un champ d’engagement où se rencontrent mémoire collective, transmission des savoirs et développement. Son itinéraire, marqué par des responsabilités administratives, des travaux de recherche et plusieurs publications, lui a permis d’explorer les multiples dimensions de la vie culturelle malienne.
Titulaire de la Médaille du Mérite national avec effigie « Lion debout », Madou Diakité appartient à cette génération de professionnels dont le parcours associe connaissance des institutions, expérience du terrain et intérêt soutenu pour les expressions artistiques et les héritages culturels.
Né à Abengourou, en Côte d’Ivoire, Madou Diakité commence sa carrière comme professeur de lettres au Lycée public de Bafoulabé, de 2005 à 2008. Cette première expérience le place au cœur des enjeux de transmission des connaissances, de formation intellectuelle et de valorisation de la littérature. Des préoccupations qui continueront de traverser son parcours, aussi bien dans ses fonctions administratives que dans ses activités d’auteur.
Le parcours de Madou Diakité repose sur une formation universitaire en arts et lettres. Après l’obtention de son baccalauréat malien en 2000, il poursuit ses études à la Faculté des lettres, langues, arts et sciences humaines (FLASH), où il obtient le DEUG II en 2002, la licence en 2003 et la maîtrise en 2004, avec une spécialisation en théâtre. Entre 2021 et 2024, il approfondit sa formation avec un master 2 en Culture et Société, spécialité Culture et Développement, à la Faculté d’Histoire et de Géographie. Il complète ce parcours par des formations en politiques culturelles, programmation, planification, formulation de projets et littérature orale africaine.
Tombouctou – Sikasso, point de départ
En 2008, il rejoint l’administration culturelle à travers un stage à la Direction régionale de la Jeunesse, des Sports, des Arts et de la Culture de Tombouctou. Deux ans plus tard, il prend la tête de la Division du patrimoine culturel à la Direction régionale de la Culture de Sikasso, poste qu’il occupe jusqu’en 2018. Cette période constitue une étape importante de son parcours. Elle lui permet d’approfondir sa connaissance des réalités culturelles locales et de s’intéresser aux mécanismes de préservation et de transmission du patrimoine. Parallèlement, de 2010 à 2018, il participe aux travaux de recherche du Centre de recherche pour la promotion et la sauvegarde de la culture sénoufo.
En 2018, il devient chef de la Division des Arts et Lettres à la Direction nationale de l’Action culturelle. Pendant six ans, il exerce des responsabilités liées à la promotion des arts et de la littérature, avant d’être nommé directeur national adjoint de l’Action culturelle en 2024. Cette évolution témoigne d’un parcours progressivement orienté vers la coordination et la conduite de l’action culturelle à l’échelle nationale.
Le patrimoine, une mémoire à préserver et à transmettre
L’intérêt de Madou Diakité pour le patrimoine sénoufo occupe une place significative dans son parcours intellectuel. Ses travaux portent notamment sur les traditions, les rites, l’histoire et les pratiques culturelles qui participent à la construction de la mémoire collective.
En 2014, il contribue à l’ouvrage Le Royaume du Kénédougou et sa Capitale Sikasso, publié aux Éditions Jamana. En 2015, il participe à Les Korêdougaw en milieu Sénoufo, avant de cosigner, en 2017, Rites agraires en milieu sénoufo, y compris le Ciwara, publié aux Éditions Sahélienne. En 2022, il contribue également à Charmes et Beauté de la Culture Sénoufo, paru chez L’Harmattan Mali.
Ces publications traduisent un intérêt pour les savoirs et les pratiques qui structurent les identités culturelles. Elles participent à la documentation d’un patrimoine dont la transmission repose largement sur les communautés, les traditions orales et les pratiques sociales.

Son engagement dans ce domaine ne se limite pas à la recherche et à l’écriture. En 2021 et 2022, il intervient comme évaluateur externe du projet de conservation des collections du Centre culturel sénoufo de Sikasso. Cette expérience lui permet également de contribuer à la réflexion sur la préservation des collections et la valorisation du patrimoine matériel. Pour Madou Diakité, l’enjeu de la culture se situe ainsi au croisement de la connaissance, de la conservation et de la transmission. Préserver un héritage suppose de le documenter, de le rendre accessible et de permettre aux nouvelles générations de se l’approprier.
La Biennale artistique et culturelle, un engagement national
Son parcours est également marqué par une participation active à l’organisation et à la promotion des manifestations culturelles. En 2017, il dirige la troupe régionale de Sikasso lors de l’édition spéciale de la Biennale artistique et culturelle. En 2025, il assume les fonctions de secrétaire permanent de la Biennale artistique et culturelle de Tombouctou. Ces responsabilités l’inscrivent dans un dispositif majeur de valorisation des expressions artistiques et culturelles du Mali. La Biennale offre un espace de rencontre entre les territoires, les artistes et les traditions, tout en contribuant à la visibilité des talents et à la circulation des pratiques culturelles.
Son expérience de la coordination culturelle est complétée par plusieurs missions d’évaluation et de consultation. En 2018, il intervient comme consultant junior dans le cadre d’une étude diagnostique culturelle et sportive du cercle de Kadiolo. En 2023, il participe à l’évaluation de projets de centres et de complexes culturels dans le cadre du projet Donko ni Maaya, soutenu par la coopération allemande à travers la GIZ. En 2021 et 2022, il contribue également à l’évaluation de projets liés aux initiatives culturelles « Ami », associées à l’Union européenne.
Entre 2024 et 2025, il assure par ailleurs l’administration de la plateforme Fuga, relevant du ministère chargé de la Culture, de l’Artisanat, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme. À travers ces différentes missions, son expérience couvre plusieurs dimensions de l’action culturelle : organisation, accompagnement des initiatives, évaluation des projets et coordination institutionnelle.
L’écriture comme prolongement de l’engagement culturel
Parallèlement à ses fonctions administratives, Madou Diakité poursuit une activité littéraire qui constitue une autre facette de son identité professionnelle. Son œuvre explore notamment la fiction, la mémoire historique et la littérature destinée à la jeunesse. En 2021, il publie La Graine d’espoir pétrifiée aux Éditions L’Harmattan Mali. En 2022 paraît Le Spectre de Sarah, un roman édité par la même maison. Ces ouvrages témoignent de son engagement dans la création littéraire et de son intérêt pour les possibilités d’expression qu’offre l’écriture. En 2023, il est également auteur et coauteur de plusieurs livres de jeunesse consacrés à des figures de la résistance coloniale, notamment Térégna Diamoutené, Banzani Théra, Mansa Daoula Traoré, Mômô Traoré, Babemba Traoré, Firhoun Ag Alinsar et Samory Touré, publiés aux Éditions Figuira.
À travers ces ouvrages, il participe à la diffusion de récits historiques auprès des jeunes lecteurs. La littérature devient alors un moyen de rapprocher les nouvelles générations des figures et des événements qui ont marqué l’histoire africaine. Son travail éditorial comprend également une contribution à la connaissance des traditions sénoufo et du patrimoine malien. Il indique par ailleurs disposer de plusieurs manuscrits inédits en poésie et en théâtre, prolongeant ainsi son intérêt pour différentes formes d’expression littéraire.



