GAYA 2026 : la médiation culturelle au cœur des échanges sur l’avenir de la danse au Mali

Le 10 octobre 2026, au Centre I Dance’O de Sabalibougou Kourani, la Biennale internationale de danse GAYA a organisé un panel consacré aux enjeux et aux perspectives de la médiation culturelle au Mali. Les échanges ont mis en lumière la nécessité de rapprocher les arts vivants des populations et de renforcer les liens entre les artistes et leurs publics.

La danse au-delà de la scène, au service du dialogue et du partage. C’est autour de cette ambition que s’est tenu, le 10 octobre 2026, au Centre I Dance’O de Sabalibougou Kourani, un panel d’échanges dans le cadre de GAYA, la Biennale internationale de danse portée par l’association I Dance’O dont l’artiste Bibata Ibrahim Maiga est la présidente. Placée sous le thème « Enjeux et perspectives de la médiation culturelle au Mali : quel public pour les arts vivants ? », cette rencontre a réuni Lassine Koné, Assitan Tangara, Djibril Guissé et Aminata Bamby Konaté autour des défis liés à l’accès aux œuvres artistiques et à la place des publics dans le développement culturel.

Au cœur des discussions, une préoccupation majeure : comment favoriser une rencontre véritable entre les créations artistiques et les populations ? Les intervenants ont croisé leurs regards sur la nécessité de mieux comprendre les publics, de stimuler leur participation et de créer des conditions propices à la découverte et à l’appropriation des œuvres. La médiation culturelle apparaît ainsi comme un levier essentiel pour rendre les arts vivants plus accessibles et renforcer leur ancrage dans la société malienne. Au-delà de la simple présentation des spectacles, il s’agit de construire une relation durable entre les artistes, les structures culturelles et les spectateurs, en faisant de la culture un espace de dialogue, de découverte et de partage.

Faire de la danse un langage accessible à tous

Pour GAYA, la danse ne doit pas seulement être regardée : elle doit être vécue, comprise et partagée. Cette vision constitue le fondement de la Biennale, qui ambitionne de faire de la pratique chorégraphique un espace de rencontre entre les artistes, les professionnels de la culture, les institutions et les populations. Dans cette perspective, la question des publics occupe une place centrale. Elle invite à repenser les modalités de transmission des œuvres, les espaces de représentation et les moyens de susciter l’intérêt de nouvelles audiences. L’enjeu est de dépasser le cercle des spectateurs habituels pour permettre à des populations aux profils et aux expériences diverses de découvrir les différentes formes de danse.

Au Mali, où les traditions chorégraphiques et les pratiques corporelles participent à la richesse du patrimoine culturel, cette démarche offre également l’occasion de rapprocher les héritages artistiques des expressions contemporaines. La danse devient alors un langage capable de transmettre des mémoires, de questionner les réalités sociales et de favoriser le dialogue entre les générations et les cultures.

Transmission, création et diffusion : les trois piliers de GAYA

Au-delà de ce panel, GAYA s’inscrit dans une démarche structurée autour de trois dimensions complémentaires : la transmission, la création et la diffusion. Ces axes traduisent la volonté de la Biennale de contribuer durablement au développement des arts vivants et à la structuration du secteur chorégraphique malien. La transmission vise à favoriser le partage des connaissances et des expériences entre artistes, chorégraphes, interprètes, pédagogues et professionnels de la culture. Elle entend valoriser les héritages chorégraphiques, accompagner les nouvelles générations et renforcer les compétences des acteurs du secteur.

La création encourage, pour sa part, la recherche et l’expérimentation artistiques. Elle entend valoriser les danses patrimoniales, les interroger et les mettre en dialogue avec la danse contemporaine, tout en favorisant les collaborations entre différentes disciplines. Cette approche vise à faire émerger de nouvelles écritures chorégraphiques, en prise avec les réalités maliennes et ouvertes aux dynamiques internationales.

Enfin, la diffusion entend faciliter la circulation des œuvres et leur rencontre avec les populations. Elle ne se limite pas à la présentation des spectacles, mais englobe également les échanges avec les spectateurs et la recherche de nouveaux espaces de représentation. L’objectif est d’accroître la visibilité de la danse, de diversifier les publics et de renforcer les échanges entre les scènes locales, nationales et internationales.

I Dance’O, entre création artistique et engagement social

Portée par l’association I Dance’O, la Biennale s’inscrit dans une démarche qui associe création artistique et engagement social. Basée à Bamako, l’association considère la danse comme un outil d’expression, d’émancipation et de cohésion sociale. Son action accorde une attention particulière aux jeunes en situation de rue, aux jeunes filles orphelines et aux artistes émergents. À travers les pratiques artistiques, elle cherche à favoriser l’expression individuelle, à renforcer la confiance en soi et à créer des espaces de participation collective.

Cette approche témoigne d’une conception des arts vivants qui dépasse le cadre de la scène. Le corps devient un moyen de raconter des histoires, d’exprimer des émotions et d’interroger les réalités sociales. En plaçant l’humain au centre de son engagement, I Dance’O défend ainsi une pratique artistique qui favorise les rencontres et contribue à une société plus inclusive.

GAYA, une ambition pour la danse malienne, africaine

À travers le panel du 10 octobre et les différentes activités de la Biennale, GAYA entend s’affirmer comme une plateforme de réflexion, de transmission et d’innovation. La rencontre consacrée à la médiation culturelle rappelle notamment qu’au-delà de la qualité des créations, le développement des arts vivants repose aussi sur la capacité à établir une relation vivante avec les publics. En plaçant la danse au croisement du patrimoine, de la création contemporaine et du dialogue social, la Biennale ambitionne de contribuer à l’émergence d’un écosystème chorégraphique plus ouvert, mieux structuré et davantage connecté à son environnement.

L’enjeu est double : permettre aux artistes de disposer de conditions favorables à la recherche et à la création, tout en donnant aux populations une place plus active dans la vie culturelle. À terme, GAYA souhaite contribuer au rayonnement de la danse malienne et faire du Mali un pôle de référence chorégraphique en Afrique et à l’international.

À Sabalibougou Kourani, les échanges autour de la médiation culturelle auront ainsi remis au centre du débat une question essentielle : quelle place accorder aux publics dans la construction de la vie artistique ? Pour GAYA et I Dance’O, la réponse passe par une danse qui ne se contente pas d’être représentée, mais qui se transmet, se partage et entre pleinement en dialogue avec la société.

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