Faso Boro Kènè : Yaya Coulibaly nous fait voyager dans les années du Ndomo

Le Mémorial Modibo Keïta a accueilli, ce jeudi 9 juillet 2026, la première conférence du parrain des activités culturelles du mois de juillet, M. Yaya Coulibaly, éminent artiste marionnettiste et gardien des traditions maliennes. Cette rencontre, organisée dans le cadre du Faso Baro Kènè, a mobilisé de nombreuses personnalités, des acteurs du secteur culturel, des chercheurs, des étudiants ainsi qu’un public passionné par les questions de patrimoine et d’identité. Placée sous le thème « Les Années du Ndomo : Maaya Diliw », cette conférence a constitué un moment privilégié de réflexion sur l’une des plus anciennes institutions éducatives de la société mandingue.

Au-delà de l’événement lui-même, cette rencontre a rappelé que la culture demeure un puissant instrument d’éducation, de cohésion sociale et de développement humain. À travers son intervention, Yaya Coulibaly a réaffirmé l’importance de préserver les savoirs ancestraux afin de transmettre aux jeunes générations les valeurs qui ont façonné les sociétés africaines depuis des siècles.

Dans l’univers culturel mandingue, le Ndomo occupe une place singulière. Bien plus qu’un simple rite initiatique, il constitue une véritable école de formation où les jeunes acquièrent les fondements de la vie en communauté. C’est dans cet espace d’apprentissage que sont inculquées les valeurs de respect, de discipline, de solidarité, de courage, de responsabilité et d’humilité. Le Ndomo prépare ainsi les futurs adultes à assumer pleinement leur rôle au sein de la société tout en cultivant un profond attachement aux traditions.

Au cours de sa conférence, Yaya Coulibaly a particulièrement insisté sur la dimension éducative du Ndomo. Selon lui, cette institution traditionnelle demeure un repère essentiel dans un contexte marqué par les profondes mutations sociales et culturelles. Les enseignements qui y sont dispensés reposent sur les principes du Maaya, cet idéal d’humanisme qui place l’homme au cœur des relations sociales, et du Danbé, symbole de dignité, de respect de soi et d’intégrité. Ces valeurs constituent encore aujourd’hui des références indispensables pour bâtir une société plus harmonieuse.

Le conférencier a également souligné que le Ndomo participe pleinement à la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel du Mali. Les chants, les récits initiatiques, les pratiques artistiques, les symboles et les savoirs transmis de génération en génération représentent une mémoire vivante qu’il est essentiel de préserver face aux défis de la modernité. La transmission de cet héritage ne relève pas uniquement de la nostalgie du passé ; elle constitue un investissement pour l’avenir.

Yaya Coulibaly, le symbole d’une mémoire vivante

Si le Ndomo demeure un pilier de la tradition, Yaya Coulibaly en est aujourd’hui l’un des plus illustres ambassadeurs. Héritier d’une prestigieuse famille de marionnettistes, il incarne depuis plusieurs décennies la rencontre entre fidélité aux traditions et ouverture sur le monde. Son engagement constant en faveur de la promotion des arts traditionnels lui a valu une reconnaissance nationale et internationale qui dépasse largement le cadre du spectacle vivant.

À travers les marionnettes, Yaya Coulibaly raconte l’histoire des peuples, transmet les récits fondateurs et sensibilise les jeunes aux valeurs du vivre-ensemble. Dans ses créations, chaque personnage devient un vecteur d’éducation, chaque représentation une leçon de civisme, de respect et de paix. Son œuvre illustre parfaitement la capacité des arts traditionnels à répondre aux préoccupations contemporaines tout en restant profondément enracinés dans les réalités culturelles maliennes.

Sa présence comme parrain des activités culturelles du mois de juillet apparaît ainsi comme un symbole fort. Elle traduit la volonté des autorités culturelles de mettre en lumière les femmes et les hommes qui consacrent leur vie à la sauvegarde de l’identité nationale. En incarnant cette mémoire vivante, Yaya Coulibaly rappelle que le patrimoine culturel n’est pas un héritage figé, mais une richesse dynamique qui se nourrit de la transmission entre les générations.

Faire du patrimoine culturel un levier de cohésion nationale

Les échanges nourris qui ont marqué cette conférence ont démontré combien le patrimoine culturel demeure un facteur essentiel de cohésion sociale. Le Faso Baro Kènè a offert un espace de dialogue où les participants ont pu mesurer toute la pertinence des enseignements du Ndomo dans la construction d’une société fondée sur la solidarité, le respect des différences et la responsabilité collective. À une époque où les sociétés sont confrontées à de nombreux bouleversements, ces valeurs apparaissent comme des repères indispensables.

Au nom du ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Mamou Daffé, le chargé de mission Amadou Diabaté a salué l’engagement constant de Yaya Coulibaly en faveur de la sauvegarde et de la valorisation du patrimoine culturel malien. Il a transmis les salutations du ministre aux participants et s’est félicité de la qualité des échanges avant de réaffirmer l’engagement du département à accompagner toutes les initiatives favorisant la transmission des valeurs éducatives, culturelles et citoyennes auprès des jeunes générations.

En consacrant cette première conférence aux « Années du Ndomo », le Mémorial Modibo Keïta a rappelé que la culture demeure un socle incontournable du développement national. Le Ndomo continue d’incarner une école de la vie où se construisent les citoyens de demain, tandis que Yaya Coulibaly s’impose comme l’un des plus grands symboles de cette transmission. Son parcours témoigne que la préservation du patrimoine n’est pas seulement un devoir de mémoire, mais aussi une promesse d’avenir pour un Mali fier de ses traditions, de ses valeurs et de son identité.  

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