La culture en transversalité dans le programme Coopération Suisse-Mali 2026-2029

Le nouveau Programme de coopération Suisse-Mali 2026-2029 a été officiellement lancé mercredi 16 septembre à Bamako. Doté d’une enveloppe indicative de 80 millions de francs suisses, soit environ 56 milliards de FCFA, il concentre ses priorités sur la gouvernance et la protection, ainsi que sur la résilience et les opportunités économiques. L’art et la culture ne constituent pas un domaine autonome du programme, mais restent inscrits comme thématiques transversales, tandis que le secteur bénéficie déjà d’un dispositif spécifique à travers CulturAct.

La salle de l’Hôtel Radisson Collection de Bamako a accueilli, mercredi 16 septembre, la cérémonie de lancement officiel du nouveau Programme de coopération Suisse-Mali 2026-2029. Un rendez-vous qui marque une nouvelle étape dans une relation bilatérale engagée depuis 1977 et présentée comme reposant sur le dialogue, la confiance, la proximité et le respect des priorités nationales.

La cérémonie a été ouverte par les mots de bienvenue et l’intervention de Claude Wandeler, Chef du Bureau de coopération suisse et agence consulaire au Mali. L’Ambassadeur de Suisse au Mali, avec résidence à Dakar, S.E.M. Pietro Mona, a également pris la parole pour présenter la vision de la partie suisse autour de ce nouveau cycle de coopération. Le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, était représenté à la cérémonie, où un message de son département été porté. Après les discours officiels, la cérémonie s’est poursuivie avec la coupe du gâteau puis des échanges avec les invités.

80 millions de francs suisses pour quatre ans

Pour la période 2026-2029, la Suisse annonce une enveloppe financière indicative de 80 millions de francs suisses, soit environ 56 milliards de FCFA. Les deux tiers sont destinés au développement et un tiers à l’aide humanitaire. Le programme intervient prioritairement dans sept régions à savoir Sikasso, Mopti, Tombouctou, Bougouni, Koutiala, Douentza et Bandiagara ainsi que dans le District de Bamako. L’objectif affiché est de contribuer à un Mali plus résilient et inclusif, en renforçant les capacités des acteurs locaux, la protection des populations et les opportunités de développement.

Le nouveau programme s’articule autour de deux domaines : « Gouvernance et Protection » et « Résilience et Opportunités économiques ». Le premier englobe notamment la gouvernance locale, la participation citoyenne, l’accès équitable aux services essentiels, la prévention et la gestion des conflits, la cohésion sociale et la protection des populations vulnérables. Le second porte sur les moyens d’existence, l’adaptation au changement climatique, les compétences et la formation professionnelle, l’entrepreneuriat et l’emploi, avec une attention particulière aux jeunes et aux femmes.

Mais une place particulière est réservée à plusieurs thématiques qui traversent l’ensemble du programme : égalité de genre, inclusion sociale, climat, digitalisation, culture et innovation.

La culture reste dans le programme

Contrairement à ce que pourrait laisser penser l’absence d’un axe intitulé directement « culture », le nouveau programme ne signifie pas la disparition de cette dimension de la coopération suisse. L’art et la culture ne figurent pas parmi les deux domaines prioritaires autonomes du Programme 2026-2029. Ils sont en revanche explicitement mentionnés comme des thèmes transversaux. Cette nuance est importante. Elle signifie que la culture peut être prise en compte dans différents projets dès lors qu’elle contribue aux objectifs poursuivis : cohésion sociale, inclusion, développement économique, formation, emploi, participation citoyenne ou développement territorial.

Dans cette logique, prioriser d’autres secteurs ne signifie pas nécessairement abandonner le culturel. Une partie du soutien à la culture peut se retrouver indirectement dans des projets relevant de l’entrepreneuriat, de la formation professionnelle, de la jeunesse, de la cohésion sociale ou encore du développement local.

La culture est, par nature, difficile à enfermer dans une seule catégorie. Elle est à la fois un secteur économique, un espace de création, un outil d’éducation, un vecteur d’identité et un facteur de cohésion. À cette approche transversale s’ajoute un élément essentiel : la culture bénéficie déjà d’un programme qui lui est spécifiquement consacré, CulturAct. La première phase de CulturAct, lancée en avril 2026, est dotée de 2,38 milliards de FCFA et vise notamment le renforcement de la gouvernance et du développement du secteur culturel, l’accompagnement des acteurs ainsi que la valorisation de la culture comme levier de cohésion sociale et de développement économique.

La présence de CulturAct permet ainsi de lire différemment l’architecture du nouveau Programme de coopération. Il n’est pas nécessaire que la culture constitue l’un des grands piliers du programme général pour qu’elle bénéficie d’un accompagnement. Un dispositif dédié existe déjà, tandis que le programme 2026-2029 ouvre des possibilités d’intégration de la culture dans ses autres interventions.

Le pari des acteurs locaux

Au-delà des secteurs, le programme repose sur un principe central : « les acteurs locaux sont les moteurs du changement ». La Suisse veut ainsi renforcer les dynamiques locales et articuler l’aide humanitaire, le développement et la promotion de la paix dans une approche dite « Nexus ». Cette philosophie peut également concerner les acteurs culturels. Dans les territoires, les associations, artistes, entrepreneurs culturels, organisations communautaires et autres initiatives locales peuvent intervenir sur plusieurs des enjeux ciblés par le programme : jeunesse, inclusion, cohésion sociale, emploi ou développement économique.

La Coopération suisse annonce d’ailleurs travailler avec un large éventail de partenaires : institutions étatiques, collectivités territoriales, services techniques déconcentrés, organisations de la société civile et communautaires, secteur privé, ONG, institutions financières internationales ainsi que les acteurs culturels et économiques.

Articles Connexe

Articles Récents

- Advertisement -spot_img