Festival BAM 2026 : un mur de portraits fait entrer les arts visuels dans la danse

Au Festival des Beaux-Arts du Mali (BAM), la danse et la musique ne sont pas les seules à occuper l’espace. Cette année encore, les arts visuels s’imposent comme l’une des expressions fortes de la manifestation. Au Centre Copier-Coller, un mur de près de vingt mètres de long, entièrement vierge il y a quelques jours, se transforme progressivement en une galerie à ciel ouvert où prennent forme les visages de grandes figures de la création contemporaine.

Depuis quatre jours, quatre jeunes plasticiens travaillent sans relâche sur cette performance monumentale. Mamadou Thienta, Mahamoudou Tandina, Diakaridjan Sangaré et Modibo Traoré ont déjà réalisé une douzaine de portraits et comptent en achever une vingtaine avant la clôture du festival : « Nous y travaillons depuis maintenant quatre jours. Nous sommes sur du réalisme, avec une technique acrylique », explique Mamadou Thienta.

Le choix artistique est assumé : des portraits d’un réalisme saisissant qui rendent hommage à des artistes. La sélection des figures représentées a été effectuée par le Centre Copier-Coller, partenaire de cette initiative. Si cette participation constitue une première pour ces jeunes artistes au BAM, elle ne marque pas leurs débuts dans la création murale. Certains sont issus du Conservatoire des Arts et Métiers Multimédia Balla Fasséké Kouyaté, tandis que d’autres se sont formés de manière autodidacte. Ils ont déjà mené plusieurs projets artistiques dans d’autres régions, développant une solide maîtrise du portrait grand format.

A Siby, ils consacrent leurs journées entières à cette fresque collective, du matin jusqu’au soir, dans le but de livrer une œuvre à la hauteur de l’événement. Cette nouvelle série vient prolonger une première galerie de portraits réalisée lors de la première édition du BAM. Elle confirme la volonté du festival d’affirmer son caractère pluridisciplinaire, en faisant dialoguer danse, photographie, arts plastiques et autres formes de création contemporaine.

Le parcours de Tidiane Ndiaye, initiateur du festival illustre d’ailleurs cette ouverture. Danseur et chorégraphe, il revendique une forte sensibilité aux arts visuels : « J’ai toujours développé une énorme sensibilité à l’image, que ce soit la photographie, la sculpture ou d’autres formes d’expression visuelles », confie-t-il. Habitué à présenter son travail même dans des musées et des espaces d’exposition où l’art visuel est très présent, il nourrit une démarche où l’image précède souvent le mouvement : « Mon point de départ est toujours lié à une image, un objet. Ce n’est pas moi qui fais danser l’objet, c’est l’objet qui me fait danser », explique-t-il.

Au cours de son parcours, Tidiane Ndiaye a également développé plusieurs projets mêlant vidéo et réalité virtuelle, notamment en Suisse. Une démarche qui témoigne de la place grandissante des nouvelles technologies dans les écritures artistiques contemporaines.

À travers cette fresque monumentale comme à travers ces parcours d’artistes, le BAM réaffirme une conviction : les arts dialoguent entre eux. Sur ce mur où les portraits apparaissent un à un, c’est toute la mémoire culturelle contemporaine qui prend progressivement visage, offrant au public une autre manière de vivre le festival.

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