« Les kunnafoni du Palais de la culture » pour être au cœur de la revitalisation de l’Institution

Le Palais de la Culture Amadou Hampâté Bâ veut renouer avec son public et faire de nouveau de ses espaces un point de convergence de la vie culturelle malienne. Dans cette dynamique, l’institution vient de lancer « Les Kunnafoni du Palais de la Culture », un magazine d’une vingtaine de pages qui présente les activités programmées dans le cadre de son programme de revitalisation.

Concerts, contes, conférences, théâtre, cinéma… le premier numéro, disponible au Palais de la Culture, couvre la période d’août à septembre. À la fois agenda culturel et outil de valorisation des activités de l’institution, il revient sur certains événements déjà organisés et donne surtout de la visibilité à ceux qui sont à venir.

Au-delà d’un simple programme, « Les Kunnafoni du Palais » apparaît ainsi comme l’un des instruments de cette volonté de redonner de la vie au Palais. L’enjeu est de créer une programmation régulière, identifiable et suffisamment diversifiée pour attirer différents publics.

Le conte pour transmettre aux plus jeunes

Parmi les rendez-vous annoncés figure « Alamissa Kènè », un programme consacré au conte et organisé chaque jeudi. Animé par Salif Berthé, il propose aux plus jeunes des récits autour du Danbé et du Maaya. Le choix du conte est particulièrement intéressant dans une démarche de revitalisation culturelle. Dans une société où la transmission orale a longtemps constitué un moyen essentiel de transmettre les valeurs, les savoirs et les représentations du monde, remettre le conte au centre de la programmation revient à reconnecter le Palais avec une partie importante du patrimoine culturel malien.

Mais « Alamissa Kènè » ne se limite pas à une démarche patrimoniale. Le programme se veut également éducatif. En s’adressant aux enfants, il cherche à créer de nouveaux publics tout en transmettant à la jeune génération des références culturelles qui risquent de perdre progressivement leur place dans les habitudes contemporaines.

Les concerts, une scène pour les artistes

La musique occupe également une place importante dans cette programmation avec « Les concerts du Palais ». Chaque vendredi, différents artistes se produisent en live dans la salle de 200 places. Le rendez-vous offre d’abord une scène aux artistes. Mais son intérêt va au-delà de la seule promotion des chanteurs invités. Il permet également de mettre en valeur le répertoire musical mandingue et de faire entendre, dans un cadre régulier, une partie du patrimoine musical malien. La semaine dernière, dans ce cadre, l’artiste Cheick Siriman qui était au rendez-vous, a repris énormément de classiques de l’artiste Salif Keita.

Après un démarrage relativement timide, le programme semble d’ailleurs avoir trouvé son public. Les concerts ont progressivement attiré davantage de spectateurs, au point où la capacité de la salle commence à devenir une contrainte. Ce regain d’intérêt montre qu’une programmation culturelle régulière peut contribuer à recréer une habitude de fréquentation du Palais.

« Ciné-Palais », donner un écran aux créateurs

Le cinéma n’est pas en reste. Avec « Ciné-Palais », le Palais de la Culture entend offrir un espace de diffusion aux cinéastes et à leurs productions.

Le 22 août dernier, sept courts métrages réalisés dans le cadre de Kino Bamako ont ainsi été projetés dans la salle de 200 places. L’initiative est importante pour de jeunes réalisateurs qui ne disposent pas toujours de nombreuses occasions de présenter leurs œuvres au public. Là encore, la revitalisation ne consiste donc pas seulement à remplir les espaces du Palais. Elle vise aussi à créer des passerelles entre les créateurs et les spectateurs. Une œuvre cinématographique, comme une pièce de théâtre ou un spectacle musical, trouve pleinement son sens lorsqu’elle rencontre un public.

Un espace de réflexion sur la culture

Le programme réserve également une place aux conférences. « Les Kunnanfoni du Palais » annonce ainsi plusieurs rencontres destinées à ouvrir un espace de réflexion sur la culture et son rôle dans la société. La prochaine conférence, prévue le 27 août, sera animée par l’homme de théâtre Issa Coulibaly autour du thème : « Le pouvoir du Palais dans la construction du Maliden Kura ». Le choix du sujet traduit une ambition qui dépasse la simple programmation de spectacles. Le Palais veut aussi être un lieu où l’on pense la culture, son évolution et sa capacité à participer à la construction d’une nouvelle identité malienne.

Cette dimension réflexive pourrait être l’une des composantes les plus importantes de la revitalisation. Une institution culturelle ne se résume pas à une scène où l’on vient voir des artistes : elle peut également devenir un lieu de débat, de transmission et de production d’idées.

Le théâtre retrouve également sa place

Le théâtre figure enfin parmi les disciplines mises à l’honneur. Le magazine présente les soirées théâtrales prévues dans les prochaines semaines, avec notamment la représentation de Waari, une pièce emblématique du théâtre malien, annoncée pour le 19 septembre prochain. Le choix de cette œuvre illustre la volonté de faire dialoguer mémoire et création.

En programmant des œuvres qui appartiennent à l’histoire du théâtre malien, le Palais ne cherche pas seulement à entretenir le souvenir d’une époque. Il peut aussi permettre à de nouvelles générations de spectateurs de découvrir un patrimoine théâtral parfois éloigné de leurs habitudes culturelles.

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